N comme Trois Nappes

On prépare (déjà) la table des 24 et 25 avec cette tradition provençale.

Juste après le cacho-fio (allumage de la bûche lors de la veillée de noël) [ce sera l’objet d'un prochain billet En Avent !], a lieu le Gros Soupà (gros souper) [billet En Avent ! à venir].Comme son nom ne l'indique pas, c'est un repas maigre, en attendant d'aller à la messe de minuit, composé de légumes et de poissons.

On prépare la table : on met trois nappes (pour la Sainte Trinité ou pour la naissance, l'Epiphanie et la circoncision, les explications divergent selon les "coins" de Provence), de taille décroissante : la première pour le Gros Souper, la seconde pour le repas de Noël (repas "riche" : avec des viandes) et la dernière, pour le soir du 25, où l'on dînera des restes.

Attention cependant, le soir, on vérifie les nappes : il ne faut pas que les pans de la plus grande nappe touche le sol : sinon, c’est le diable qui va en profiter et monter sur la table pour y manger les restes.

Au moment de partir à la messe de minuit ou d’aller se coucher pour ceux (les anciens souvent) qui ne s’y rendent pas, la table reste mise avec ses desserts on prend soin, alors, de relever les quatre coins des nappes afin d’empêcher les mauvais esprits d’y grimper et de jeter des sorts aux victuailles. En effet une communion avec les disparus s’instaure ce soir là et on sait que, lorsque la pièce principale où est dressée la table sera vide, les âmes des défunts viendront à leur tour partager les desserts.
Tradition païenne héritée : on devait laisser sur la table les miettes de pain et de gâteaux  toute la nuit sur la table pour nourrir les armeto, petites âmes des morts, croyances aux mauvais esprits dont on se protège en mettant une part de pain de côté et en relevant après le repas les quatre coins de la nappe pour qu’ils ne mettent pas en danger les petites âmes en escaladant la table.


scène de la veillée de Noël, en Provence, avec le gros souper qui est servi sur les trois nappes et éclairé par les trois chandelles, symbole de la Trinité, Museon Arlaten, Arles.

En centre de table, on dépose trois coupelles de blé de la Sainte Barbe (les autres sont disposées dans la crèche) [voir billet En Avent ! comme Dioscore ou Deo Gratias], une branche de houx à boules rouges (symbolisant le bonheur et la renaissance).

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source jujube.com

On peut disposer aussi parfois des roses de Jéricho (différentes des "roses de noël"). La « Rose de Jéricho » dite « rose de Noël », « Rose de Judée » ou « Fleur de Judée », dont le nom scientifique est Sellaginella Lepidophylla ; placée dans un verre d’eau, elle s’épanouit pour être exposée sur la table de Noël. Son épanouissement dure cinq à dix jours. Sitôt cette période écoulée, la retirer de l’eau, la placer dans un lieu chaud, et la plante se recroqueville à nouveau, elle peut resservir des années durant. Cette plante figure nettement sur la liste des objets de dévotion ; elle a donc une valeur religieuse, un caractère sacré reconnu. Les croisés furent les premiers à importer la Rose de Jéricho en Europe.


source : culture-generale.fr

On allume trois bougies (pour la Sainte Trinité) (les quatre bougies sont pour les quatre dimanches de l'Avent et c'est une tradition "du nord" !!!!!) (les bougies doivent être neuves et durer jusqu'au premier de l'an, comme la bûche du cacho-fio). Dans certaines familles, on disposait de la paille sous la table, en souvenir de la crèche où naquit l'enfant Jésus.

Le lendemain, il faut garder une des nappes blanches, la recouvrir d'une nappe rouge retenue par 4 nœuds.

 

(d’après wikipedia, http://www.aixenprovence.fr/La-table-de-Noel et autres, dont sources personnelles)