Saint Charlemagne,
Février en armes.
[les températures les plus froides se constatent un mois après le solstice d'hiver]

Saint Charlemagne en larme,
Février en armes.

Pour Charlemagne, les écoliers
Doivent fermer livres et cahiers.

Si on ne l'a pas fait pour sainte Geneviève,
C'est à la saint Charlemagne qu'on met la vigne à sève.

Saint Thomas,
L’hiver jamais n’a de bas.

A la saint Thomas d'Aquin,
Le froid n'est jamais loin.

Pour la saint Thomas,
Si t'as un porc, donne-lui sur le nas [nez, assomme-le] ;
Aille en voler un qui n'en a,
Saint Thomas lui pardonnera.

Pour saint Thomas,
Tue ton porc maigre ou gras.

Pour la saint Thomas,
Plante tes pommes de terre si tu en as.

S'il gèle à la saint Thomas,
Il gèlera pour trois mois.

De saint Thomas à sainte Mathilde [14 mars],
Le temps est à la neige souvent.

A la saint Thomas,
Ne fait pas gras.

A la saint Thomas,
Les jours tombés au plus bas
Vont demain grandir d’un pas.

Pour la saint Thomas,
Allume si tu n'y vois pas.

S'il gèle à la saint Sulpice,
Le printemps sera proprice.

Quand la grive chante au genévrier,
On n'est pas loin de février.

En janvier,
Le paysage n'a rien.

Janvier de givre,
Année de fruits.

Un mois de janvier sans gelée
N'annonce jamais une bonne éannée;

On a vu le plus mauvais temps
Quand janvier montre les dents.

Le travail de janvier
Ne doit pas valoir un denier.

 

Bienheureux Charlemagne: Patron des Ecoliers.
Saint Thomas d'Aquin: est le Patron des Ecoles, des Universitaires et des Universités Catholiques.

3° à 6h

 

Miniature en couleurs représentant une salle richement décorée, avec une assistance d'apparence noble et au milieu quatre personnages enflammés qui se tordent de douleur.
Représentation du « Bal des ardents ». Miniature attribuée à Philippe de Mazerolles, tirée d'un manuscrit des Chroniques de Froissart


Le Bal des ardents ou Bal des sauvages désigne la conséquence malheureuse d'un charivari (aussi appelé momerie) organisé dans le but de distraire le roi de France Charles VI le 28 janvier 1393. Le spectacle tourne à la tragédie lorsque quatre membres de la noblesse périssent dans l'incendie causé par une torche apportée par Louis, duc d'Orléans, frère du roi. Seuls Charles et l'un des danseurs en réchappent. Déjà très fragile mentalement, le monarque sombre définitivement dans la folie après cet épisode.

L'événement achève de saper la crédibilité du souverain dans sa capacité à assurer la gestion du royaume. L'incident, qui témoigne de la décadence de la cour, suscite la colère des Parisiens qui menacent de se rebeller contre les régents et les membres les plus importants de la noblesse. L'indignation de la population contraint le roi et son frère, le duc d'Orléans, qu'un chroniqueur contemporain accuse de tentative de régicide et de sorcellerie, à faire pénitence à la suite de l’évènement.

L'épouse de Charles, Isabeau de Bavière, avait organisé le bal en l'honneur du remariage de l'une de ses dames de compagnie. Les universitaires considèrent qu'il pourrait s'agir d'un charivari traditionnel, au cours duquel les danseurs sont déguisés en sauvages, créatures mythologiques couramment associées à la démonologie, et représentées au cours de la période médiévale en Europe, et documentées lors des festivités de l'époque des Tudor en Angleterre.

L'événement est rapporté par plusieurs écrivains contemporains tels que Michel Pintoin et Jean Froissart, et illustré dans plusieurs enluminures, comme celles du Maître d'Antoine de Bourgogne, au xve siècle.