vendredi 2 décembre 2016

En Avent ! n°2 bis

Origine et histoire du sapin et arbre de Noël

copié chez Mickey

 

Origine et histoire du sapin et arbre de Noël
D’après «La nuit de Noël dans tous les pays» paru en 1912

L’arbre de Noël est un petit arbuste vert, le plus ordinairement un sapin, aux branches duquel on attache les cadeaux que l’on veut distribuer aux enfants, à l’occasion de la fête. Il apparaît tout éclatant de lumières, tout chargé de jouets et de friandises. Ce sapin, qui reste vert au milieu du deuil de la nature et qui produit des fruits absolument inusités, fournit l’occasion de parler aux petits enfants du Christ qui, dans sa crèche, leur prêche la piété, l’obéissance, la pauvreté. Ils écoutent comme on écoute quand on est enfant: plus tard ils se souviendront.

Qui donc peut assister sans être profondément ému à cette scène ravissante d’un arbre de Noël dans nos écoles maternelles? Dans le Journal de Rouen du 25 décembre 1897, Georges Dubosc écrivait: « Devant les yeux émerveillés des tout petits, le verdoyant sapin, illuminé de mille petites lumières tremblotantes, se dresse tout chargé de jouets et de cadeaux qui, pendant des heures, mettent du bonheur dans les âmes de tout ce monde enfantin.

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L’arbre de Noël (extrait du Monde illustré du 25 décembre 1897)

A ces joujoux d’un jour, on joint quelquefois une large distribution de bons vêtements chauds et de hardes neuves: tricots qui recouvrent les petits membres grelottants, mitaines qui préservent des engelures, foulards où s’enfouissent les petits nez rougis par la bise, bonnes galoches qui sonnent sur le pavé au moment des glissades. Et comme il n’est point de belles fêtes sans chanson, on chante quelques-uns de ces jolis noëls naïfs, sur des airs qui ont traversé les siècles et qui n’en sont pas moins une bonne et égayante musique ».

Le romancier anglais Charles Dickens décrit ainsi l’arbre de Noël: « Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants. Il y a des poupées aux joues roses qui se cachent derrière les feuilles vertes, il y a des montres, de vraies montres, ou du moins avec des aiguilles mobiles, de ces montres qu’on peut monter continuellement; il y a de petites tables vernies, de petites armoires et autres meubles en miniature qui semblent préparés pour le nouveau ménage d’une fée; il y a de petits hommes à face réjouie, beaucoup plus agréables à voir que bien des hommes réels - car si vous leur ôtiez la tête, vous les trouveriez pleins de dragées. - Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes à ouvrage, des boîtes de bonbons... toutes sortes de boîtes; il y a des toutous, des sabots, des toupies, des étuis à aiguilles, des essuie-plumes et des imitations de pommes, de poires et de noix, contenant des surprises. Bref, comme le disait tout bas devant moi un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami: Il y avait de tout et plus encore ! »

Comment on installait et garnissait l’arbre de Noël


Il faut choisir, dans la forêt, un beau sapin aux branches épaisses et bien vertes: on le plante dans une caisse profonde remplie de terre: les parois sont ornementées de papier multicolore ou d’andrinople. C’est, à Paris, au marché du quai aux Fleurs qu’on trouve à meilleur compte les sapins de Noël; chaque année, les forêts de France et même de l’étranger en envoient un stock considérable.

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Enfants jouant avec leurs cadeaux et sapin au XIXe siècle

Il est bon de placer l’arbre au tiers de la pièce où l’on doit se réunir, afin de laisser, en avant, un espace suffisant pour recevoir les invités, grands et petits. On peut établir, dans un coin de la salle, une sorte de cloison de tentures, faite avec de longs rideaux épais. Derrière cette cloison, on peut placer un piano ou un harmonium autour duquel grands frères et grandes sœurs chanteront des noëls populaires: leurs voix sembleront se perdre dans un lointain mystérieux, et parfois imiter les Anges de Bethléem, annonçant aux bergers la venue du Sauveur.

Il faut, sur le fond de verdure sombre qu’offre le sapin, placer des boules de verre ou de petits miroirs qui reflèteront, en mille facettes, la lumière des petites bougies suspendues dans l’arbre. Souvent on sème sur les branches quelques poignées de givre argenté et de neige artificielle; on y ajoute aussi quelquefois de longs fils d’argent qu’on appelle des «cheveux d’ange». Enfin, on accumule, avec art et bon goût, tout ce qu’on peut trouver de petits rubans, de faveurs, et on agrémente le tout de nombreuses bouffettes, de nœuds et de croisettes de bolduc rose.

Quant aux bibelots, jouets et friandises à placer sur l’arbre de Noël, on a le choix, assurément, mais il faut prévoir ce qui fera le plus grand plaisir à l’assistance: les fruits et les jouets d surprises ont toujours le plus grand succès. Les enfants préfèrent souvent les objets peu coûteux aux cadeaux de grand prix: il faut surtout savoir les enjoliver et les présenter sous les formes les plus gracieuses et les plus attrayantes: par exemple, les petits paniers et les corbeilles seront recouverts de percaline et doublés de satinette rose ou bleue; on collera sur les panoplies des papiers de couleur, des papiers de fantaisie à dessins comiques, etc. Quelquefois, on place, au sommet de l’arbre de Noël, une étoile lumineuse étincelante de rubis et d’émeraudes, ou un ange de carton aux ailes d’or et aux mains pleines de présents.

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Enfant portant un sapin de Noël (extrait de L’Album universel du 19 décembre 1903)

Où prit racine la coutume de l’arbre de Noël ?


Les savants ne sont pas d’accord sur l’origine de l’arbre de Noël: les uns le font remonter au temps du paganisme; les autres lui donnent une origine gauloise; d’autres, enfin, le font venir des plus pures traditions germaniques.
Origine païenne. L’arbre de Noël, suivant une légende, remonterait aux peuples païens, qui célébraient, par des réjouissances, les derniers jours de l’année. Le sapin, «roi des forêts», comme disent encore certains chants populaires, recevait alors un culte idolâtrique: des sacrifices humains auraient même arrosé ses racines. Cependant, il faut observer que, parmi les nombreuses espèces d’arbres pour lesquels les anciens Germains avaient un culte, on ne vit jamais figurer le sapin. Il faut aller jusqu’à l’extrême Scandinavie où, dans les temps païens, lors des fêtes de Youl, célébrées à la fin de décembre, en l’honneur du retour de la terre vers le soleil, on plantait, devant la maison, un sapin auquel on attachait des torches et des rubans de couleur. Le christianisme aurait transformé cette coutume et l’aurait appropriée au Mystère de Noël, qui se célèbre à cette époque de l’année; cette ancienne cérémonie serait tombée en désuétude avec le cours des siècles.

Origine gauloise. Vers 573, saint Colomban, poussé par un ordre mystérieux de Dieu, quitta l’Irlande, son pays natal, et le monastère de Bangor, où les fortes études n’empêchaient pas l’enthousiasme de se développer. Il partit pour la Gaule dont, malgré la conversion de Clovis (la cérémonie avait eu lieu le 25nbsp;décembre 496), les habitants avaient grand besoin d’être évangélisés. L’ardent missionnaire fut bien accueilli par Gontran, second fils du roi Clotaire et roi des Bourguignons.
Bientôt l’étroite enceinte du vieux château romain d’Annegray, que lui avait concédé ce prince, fut insuffisante pour ses nombreux disciples. Une portion de la nouvelle communauté dut se transporter à Luxeuil, au pied des Vosges. Un soir de Noël, saint Colomban prit avec lui quelques-uns de ses religieux et parvint avec eux, en chantant des hymnes, jusqu’au sommet de la montagne où se trouvait un antique sapin encore vénéré par quelques habitants. Les religieux accrochent à l’arbre leurs lanternes et leurs torches; un d’eux parvient jusqu’à son faîte et y dessine une croix lumineuse. Les paysans accourent et saint Colomban leur raconte les merveilles de la nuit qui donna au monde un Sauveur.

Malgré cela, nous ne trouvons aucune trace dans nos vieux noëls normands, gascons, bourguignons ou provençaux. Dans toutes nos Pastorales, dans l’Officium pastorum, même silence au sujet du vert sapin étoilé de lumières. Ce n’était point le sapin, mais bien le chêne celtique qui était l’arbre symbolique par excellence dans les vieilles forêts druidiques de l’ancienne Gaule.
Origine allemande. C’est en Norvège et en Suède que le sapin fut d’abord adopté aux fêtes chrétiennes de Noël, avant de devenir populaire dans les contrées du nord de l’Allemagne lors de ces mêmes réjouissances vers le début du XIXe siècle. L’arbre y avait été propagé par les Suédois dès la guerre de Trente ans (1618-1648).

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Trois enfants portant un sapin de Noël à la fin du XIXe siècle

Mais c’est peut-être en Alsace qu’il faut chercher l’origine de l’arbre de Noël. Dans ce pays, les charmes de la poésie ont enveloppé tous les actes de la vie publique et privée. Si la tradition rapporte que dès 1521 on décorait avec des branches coupées 3 jours avant Noël, on n’avait pas encore recours au sapin entier. En 1546, la ville de Sélestat en Alsace autorise à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la Saint Thomas. Cependant nous trouvons la plus ancienne mention de l’arbre de Noël comme sapin entier dans une description des usages de la ville de Strasbourg, en 1605 seulement. On y lit le passage suivant: « Pour Noël, il est d’usage, à Strasbourg, d’élever des sapins dans les maisons; on y attache des roses en papier de diverses couleurs, des pommes, des hosties coloriées, du sucre, etc. ». La Réforme avait contribué à répandre la coutume de l’arbre de Noël, les protestants préférant le sapin aux représentations des personnages bibliques de la Nativité.

L’un des plus anciens vestiges de la coutume de l’arbre de Noël se trouve encore dans l’Essence du Catéchisme que publia en 1642-1646 le pasteur protestant Dannhauer, de Strasbourg. Il constate que depuis quelque temps, en Alsace, on suspend, à la Noël, pour la récréation des enfants, des bonbons et des jouets aux branches d’un sapin. Il déclare qu’il ignore d’où cet usage, qu’il blâme fortement, a pu tirer son origine. C’est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, aurait installé un sapin de Noël dans le château de Versailles. En 1765 encore, Goethe se trouvant à Leipsig, chez un ami, en face d’un arbre de Noël, exprime la surprise que lui cause ce spectacle qu’il voyait pour la première fois.

L’arbre de Noël fut introduit à Paris, en 1840, par la princesse Hélène de Mecklembourg, duchesse d’Orléans, et favorisé plus tard par l’impératrice Eugénie. Cette même année, le prince Albert, époux de la reine Victoria, l’introduisit au palais royal de Buckingham, à Londres, et le mit en honneur dans l’aristocratie et la bourgeoisie anglaise. Cette touchante et délicieuse tradition de l’arbre de Noël, perpétuée à travers les âges, semble aujourd’hui plus vivace encore que jamais.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

La plus belle fin du sapin de Noël


Le vieux bûcheron, célibataire endurci, n’avait pas de femme et pas d’enfant,
À la mi-décembre il allait couper les sapelots qui n’auraient pu devenir grands;
Les sapins qui rêvaient de devenir dominants, mais qui restaient petits mais verts,
C’étaient les grands ou les petits rois des forêts et des maisons en ce début d’hiver.

Sitôt les fêtes passées, sitôt les chansons de Noël tues, les sapins finissaient leur vie,
Tantôt coupés et mis dans le fourneau, parfois mis dans le jardin, réduits en charpie,
Souvent jetés dans la décharge ou dans leur endroit de naissance, sur la pente,
Alors que ces braves arbres ne voulaient pas finir en bois de feu, mais en charpente.

Certains auraient voulu accompagner les humains dans leur dernière demeure,
Afin qu’aucune de ces personnes ne soient solitaires quand elles meurent,
Ils auraient été débités en planches, vernis et transformés en beaux cercueils,
Pour protéger les défunts de la vermine et donner un deuxième habit au linceul.

L’homme des bois qui était poète à ses heures, qui sans parler comprenait tout,
Son oreille exercée reconnaissait chaque bruit, chaque cri venant de partout,
Il écoutait les gosses de riches se vanter des beaux jouets neufs, reçus du Père Noël,
Ne sachant que faire des vieux joujoux de deux mois, qu’il faudrait jeter à la poubelle.

Plus loin il vit des gamins, pour qui Noël n’était que pour les autres, les enfants de rupins,
Ils jouaient dans la neige avec un seau à sable et une petite pelle en bois de sapin,
Ils n’avaient pas vu l’âme du Père Noël, malgré la lettre envoyée et le verre de vin,
Malgré la cheminée ramonée et, malgré que pour l’âne, ils avaient préparé du foin.

En voyant ces gosses qui jouaient dans l’insouciance, sans leurs quatre heures,
Ces pauvres mômes qui riaient, malgré la misère et, de leur famille le malheur,
Son sang ne fit qu’un tour, il lui fallait faire une grande, une immense chose,
Pour que pour tous ces bambins, les festivités de fin d’année soient moins moroses.

Il écrivit une grande et belle lettre, dupliquée à chaque famille de ce petit bourg,
Il invita chacun à apporter leur sapin séché et les vieux jouets pour un geste d’amour,
Il convia toute la population à partager le vin chaud et la bonne soupe aux pois,
Devant sa cabane dans la clairière, pour un superbe partage d’agapes, dans la foi.

Quand au matin de la Saint-Sylvestre il vit venir le maire et l’ensemble du conseil,
Pour l’aider et lui donner un coup de main pour continuer une belle fête de Noël,
Le vieil homme essuya une larme, car le seul cadeau qu’il avait reçu était la vie,
Elle était heureuse et magnifique, son existence, sa vie que beaucoup disait jolie.

Peu après, les gens du petit bourg arrivèrent à pied, à vélo ou en voiture, 
Aucun n’était riche, personne n’était pauvres, ici tous devaient être égaux;
Les papas, aidés du bûcheron entassaient les sapins pour le futur brasier,
Les gamins favorisés et leurs mamans apportaient gâteaux et jouets inutilisés.

Les parents firent connaissance pendant que les enfants se donnaient les jouets,
Ils partagèrent le vin chaud, la soupe aux pois et les biscuits dans une grande paix,
Il faisait très froid et le bûcheron alluma son immense feu de joie qui se mit à crépiter,
Les sapins brûlaient en chantant et il faisait si chaud, que même en cet hiver, ce fut l’été.


Mickey Werlen

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