En Provence aussi, il existe des traditions, mais exceptée la Reine d'Arles, peu demeurent en mai...
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[La Belle-de-Mai est aussi un quartier populaire de Marseille]

« Les Fêtes provençales » de Jean-Paul Clébert et Josiane Aoun, Editions Aubanel

Extraits

Le premier mai donne lieu […] à des [coutumes]. […]. D’abord, on donne le mai aux filles, c’est-à-dire qu’en les honorant de bouquets, on les distingue en bonne ou mauvaise part et qu’on leur fait la leçon. A la porte des plus belles, des plus sages et des plus gentilles, on dépose des bouquets de fleurs, de roses bien souvent, de thym quelquefois (ou farigoulo) qui fut signe de déclaration amoureuse […].

Mais les amoureux ne sont jamais sûrs de rien ? Le doute où ils sont de la vertu de leur belle se traduit par un bouquet de violettes, et la plainte d’un abandon par un fagot de romarin, la certitude enfin d’être trompé par un balai d’orties ou une brassée d’artichauts dont on sait assez qu’ils s’effeuillent à tout venant. Aux filles dont la vertu inquiète parce qu’elle est hautaine et méprisante, c’est une branche de figuier qui signifie qu’elles risquent de sécher sur place. Ou encore de laurier-sauce, dont le goût est fort amer quand on le mâche cru. Quant à celles, enfin, qui n’avaient point attendu le printemps pour faire fredaine et faisaient trop le bonheur des autres pour contenter la fidélité de l’un, on allait jusqu’à crocher à leur fenêtre une panouche (ou panouille), sorte de chiffon sale noué au bout d’un manche.

Le cortège des Belles-de-Mai

Mais si les filles avaient quelque raison de craindre le mai, elles n’en oubliaient pas pour autant de revendiquer leurs propres sentiments et d’avertir en même temps les uns et les autres qu’elles n’avaient point l’intention de sécher sur place et sur pied comme des figues ? D’ou la survivance particulièrement vivace des Belles-de-Mai [faudra me dire où…]

La tradition est ancienne et méditerranéenne. César de Nostredame, historien fabuliste, décrit en son temps ce prolongement des fêtes de Cybèle (ou Maia) : « On choisit les plus belles jeunes filles de quartiers, que l’on attife gorgieusement avec couronne de fleurs [cela me fait penser aux fêtes de l’été en Scandinavie], guirlandes, joyaux et accoutrements de soie, sur des trônes et sièges élevées, en guise de jeunes déesses posées dans des niches, communément appelées mayes, auxquelles tous les passants au moins de condition honnête sont invités et obligés de contribuer quelques pièces d’argent moyennant un baiser ».

Plus tard, les Belles-de-Mai trôneront sur les charrettes ramées et les chars fleuris et leur élection sera désormais le clou de chaque manifestation ?

Et Frédéric Mistral, en renouvelant les antiques fêtes de la jeunesse, c’est-à-dire les fameuses fèsto vierginenco arlésiennes, s’emploiera à prolonger le règne éphémère de ces déesses d’un jour [aujourd’hui, la Reine d’Arles, par exemple].